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Ma langue dans ta bouche
poésie érotique, par Patrick Fraselle


photo de couverture, sculpture originale de Nicole Stenuit

Extraits du recueil
"Ma langue dans ta bouche"

Introduction

« (...) Il n'est pas de mensonge possible en littérature érotique, écrivait fort justement Desnos. Et le poète de La Liberté et de l'Amour donnait cette définition : Érotisme = tout ce qui se rapporte à l'amour pour l'évoquer, le provoquer, l'exprimer, le satisfaire, etc. On peut ajouter que quiconque veut éluder l'érotisme de sa vie, ment. Si trop souvent la vie sexuelle s'accommode du mensonge, c'est à ses dépens. Dans sa gaillardise, sa verdeur ou son réalisme brutal, qu'elle soit galante, libertine ou purement amoureuse, la poésie érotique reste une poésie sincère, authentique, une poésie de vérité. A ce titre avant tout autre elle ne saurait laisser le lecteur indifférent. Mais avant de tourner les pages de ce livre, continuons avec Desnos, à préciser certains mots :

Libertinage = liberté d'esprit et de mœurs en amour.

Sensualité = faculté des sens.

Obscénité = tout ce qui contredit aux usages, aux préjugés et à la pudeur en amour.

Littérature obscène = littérature qui contrevient à l'académisme, dans l'expression de l'amour, qui décrit les pensées et les gestes dans leurs rapports avec l'amour.

Voilà bien ce qui interdit à la littérature érotique d'avoir droit de cité dans les manuels « académiques » : son obscénité. L'obscénité, selon Havelock Ellis, serait un élément permanent de la vie sociale. Elle correspondrait à un besoin profond de l'esprit. « Les adultes ont besoin de littérature obscène, écrit-il, autant que les enfants ont besoin de contes de fées, comme un allégement de la force oppressive des conventions (...) ».

« (...) Il y a seulement quelques siècles, au même titre que la sorcellerie, l'érotisme, qu'on appelait alors le libertinage, conduisait au bûcher. On sait que Théophile, accusé en 1622 d'être un des auteurs du Parnasse Satyrique, échappa de justesse à la grillade et ne fut brûlé qu'en effigie. Quelques années plus tard Claude Le Petit n'eut pas cette chance, qui fut brûlé vif, à 23 ans, en place de Grève, pour avoir écrit quelques compositions de vers et de prose impurs (...) ».

Marcel Béalu in La poésie érotique, Anthologie/Seghers, Paris, 1971




photo de Richard Robberechts

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L'orange, épopée en quatre actes

1.
Ton minou à l'odeur d'une orange épluchée
C'est palpitant comme les premières neiges
C'est palpitant comme la première fois
Je sirote ce quartier des Orangeries
d'un palais d'Afrique ; et,
je respire le jus de ta naissance ; ou,
je le lape de ma langue chaude
Aussi je le récolte pour le sécher
aux cailloux éclatés de soleil
au feu des voyous maghrébins
à la brûlure et au flamboiement
de mon gland hindou
Ainsi, extraire un substrat
rare blanc velouté indéfini
Cette poudre est plus forte
que tous les paradis artificiels
de Verlaine et de Rimbaud
ou d'Henri Michaux
La drogue orangée de minou d'orange c'est :
Liège, Casablanca, Prague d'une traite
C'est une ligne de toi

2.
Avec ton orange lyophilisée
Je poudre des loukoums :
bleu électrique, jaune ananas,
mauves pâles, blanc gris,
roses, rougeâtres,
violet vineux ou légèrement mandarine
Je range par piles et carrés
strates et géométries
ces précieuses gommes saupoudrées
des vertus de ton paradis
Protégées par la propriété particulière du papier Kraft
dans lequel une seule petite gratte
noirci sa blancheur un peu opaque
c'est le nouvel hymen de toi
Je les mange quand
tu es absente et, chaque fois,
je te déflore pour choisir
la couleur préférée de l'instant
Je me poudre de toi
et, je te lèche
quand je suce
mes doigts

3.
Quand il m'arrive d'en offrir à celui qui passe,
la langue de l'inconnu qui te mord
ne sait pas que c'est ton sexe qu'il dévore
et, se demande pourquoi la tête lui tourne

4.
Ma salive sinueuse se mêle à l'agrume
presque lisse
Mes lèvres ne gercent plus
dans le janvier du givre
Je sais que l'orange est
magistrale
Elle étanche la soif,
répare les lèvres écorchées
elle soigne toutes les blessures
Rahat loukoum
« Le repos de la gorge »





photo de Richard Robberechts

 

Un malheur est vite arrivé

Dans un livre érotique ancien
J'ai lu «  Le Fauteuil d'Amour »
Le siège de gynécologie
que j'ai acheté
me permet de l'imiter
Pour avec toi
jouer au docteur
Je regarde
sous toutes les coutures
Allure générale, le teint,
l'embonpoint, les reins,
le popotin, le terre-plein
et, palpation des seins
Tes cuisses un peu timides
mais bien écartées
Tes pieds bien calés
dans les étriers
Tes mains accrochées
pour tenir le joug de l'auscultation
Ma langue servira de spéculum
Ma queue servira de lampe
pour mieux aller voir si tout est normal
Tu es en bonne santé
Mais, par précaution
- un malheur est vite arrivé -
Il vaut mieux
que je t'examine régulièrement…

 

Manger bio

Ta rose sent la nature
ta motte sent le beurre
allégé, salé ou fermier
au moule, à l'ancienne
Ta friandise sent le lait
crémeux, petit-lait
yaourt, lait de poule
peu importe
Je connais la campagne
ton sexe sent la vache
Pour cuire ma langue
pour la faire frétiller,
tressauter, griller,
gémir ou siffler
tourner, contourner
et, cuire sur la tranche
tous ces produits sont bons
Toutes ces langueurs
Salées ou non
sont bio…
Sans conservateur
de l'Académie qui n'aime l'expression
je rentre dans ton cul comme dans du beurre
C'est délicieux à toute heure


Tableau d'Annick Dubisy, artiste-peintre

Le sommeil

D'oranges,
écraser la confiture
sur tes seins
Semer des nèfles bleues
dans tes cheveux
Cracher mille fois
dans ta bouche
Puis, il me faudra lécher
tes aisselles sucrées
avant de m'endormir

 

« Les péchés capiteux de Jésus-Christ et de Marie,
recueil d'iconoclasies »

par Patrick Fraselle

Capiteuse une : la peau

Le tattoo donne le ton
de tâter l'étoile par l'essieu
Marie aime maux roides
tant que mots mies
si Jésus crisse
Les toiles d'art à raie nez
La toile de peau
de l'aréole pierre sensible
Tu le fermes l'œil
comme si récupérer
le noir de l'imaginaire
est devenu le régal chromatique

Rien que de la peau pliée sous peu
l'ouïe pour débusquer
l'odeur des couleurs coulées
sous le derme en épine

Du bout de la longue langue inguinale
ainsi revitaliser de salive
les contours imaginés par l'art(flut)iste
musique des instants
Déguster les "peaux" de pain-luxure du corps,
comme sueur sans drame et mouvements de la croupe de musée

Chaque orteil est tattooable comme cela la langue de chat
s'insinue dans l'intime du pied céleste et déguste le meilleur
Le suret du plaisir
Faire de cet organe labialisé
la jointure de la cheville a l'épaule...
c'est comme chevaucher le ciel
de tes lèvres salées…
Tes lèvres livrées ça lie
l'appeau pour
miauler le chas
de mon anguille

     

 

Lettres à la pucelle,
recueil érotique écrit dans un style ancien
(extraits)


Lettre 2

 Bonjour chère Tourterelle,

Je vous confie lecture d'une ode légère. J'ai pensé qu'elle ferait l'affaire pour améliorer votre éducation. Je l'ai intitulée La chaise. Donnez-moi vite des nouvelles, j'aime toujours avoir votre opinion !

La chaise

Je l'ai commandée,
taillée dans un bois original,
à un menuisier pervers
le bois de mâle
 Certes, le salon
est à décorer !
Mais, c'est pour les invitées,
pour les installer...
Lorsque que mon coeur et moi les recevons
pour le thé d'une conversation
sur différentes banalités
Un mécanisme facile tant que malin
permet de la partie nommée fond
de faire jaillir une belle grosse bite
en bois mûr, impoli et bien lissé
Pour qu'ainsi aucunes aspérités
ne viennent à blesser
petit lac ou trou joli
quel effort pour
préserver la beauté !
Dans le hall est prévu
une armoire de buis
en laquelle il faut,
pour accéder à la conversation,
suprême condition,
déposer la culotte parfumée
et, pénétrer dans ce salon
les fesses en fragilité
Dès le chaud breuvage
servi, dans la tasse
en porcelaine,
à la question non pas de la cuillère
mais de ce qui le rend moins amer
Si, disais-je, l'hôte chérie
répond un sucre
c'est dans le con qu'elle devra l'empaler
Si, (déjà moite) la douce répond deux sucres
c'est de l'étoile anale qu'elle devra
voir les joies du firmament
Je change la règle tous les jours
pour mieux m'amuser
Mon rêve est boire verveine,
tilleul, savants mélanges de Chine,
dévorer biscuits légers
pendant des heures en devisant
du beau temps ou de l'été
Ma méchanceté est d'inviter
le notaire à signer quelque papier
Que je prie à prendre siège
dans ce salon déjà occupé
par la trépignante lubricité
Je m'éloigne trop longtemps
quelques secondes
pour laisser là, Petite Salope
qui connaît bien ce jeu musclé
Essayant de contenir
le gémir, con ou cul fourré,
devant ce gros lourdeau
qui ne sait rien
du droit secret
qu'elle cache en elle,
sa longue robe masquant
le tour est joué
Si ce bon notaire me fait quelque prix
sur l'affaire de mes épices, que je traite
à l'étranger; pendant que moi
je me ferai sucer par cette amatrice
de Earl Grey et Dar...jeeling,
Il aura droit, à genoux, bien entendu
de bien sucer la bite en bois, humidifiée
ou parfumée, de laquelle mon invitée
se sera lentement retirée
Selon le trou choisi,
elle y aura laissé
tous les infinis goûts
de ses égouts
La bite de bois
ainsi que la mienne,
plus dure encore
en ovation parallèle
feront clin d'oeil
à nos triomphes
Ces fellateurs soumis
pourront se donner
conseils éprouvés
pour en bouche garder
tous ces outils
bien dardés
L'exemple étant
ne rien laisser déborder
Ce qui pourrait salir
le revêtement si doux
de mes deux canapés ...
Qui, je jure,
m'ont bien coûté quelques sous
Je ne dis pas, pour sûr,
si de la seconde, sur laquelle
je m'assois bien fort,
pour le gland
me faire sucer
le fond est aussi truqué ?
Et diantre ne sais non plus
si dans le hall se trouve
en bois de rose
une autre armoire
pour y ranger
l'équivalent chez l'homme
des invitées...

 

Lettre 4

Ma chère Gazelle, aux flancs délicats,

J’ai rencontré une jeune enfant (puisque au berceau de ses vingt-deux ans). Elle a déclenché en mon coeur le fou désir. Je peux vous confier deux choses : elle ne veut pas de moi et, elle élève des chats pour les choyer. Sentez l’érotisme muet de cette petite fille qui, se caresse par procuration... Palpant journellement l’animal le plus sensuel que Dieu nous ait donné... Dans mon coeur secret, je l’appelle Mia, venant de miaou ou bien mia-w, cri onomatopéique de nos chers félins vénérés. Il n’y a qu’un pas boulanger pour bien penser que Mia viendrait aussi de mie; s’elle le voulait, de ma Mie. Je l’imagine chaud croissant, fine pâtisserie et de cette matière laiteuse, ne ferais qu’une bouchée. Ainsi je rêve et lui pratique des choses secrètes, très cochonnes pour me soulager. Je vous en parle un peu dans cette ode où, j’ai masqué habillement son corps divisé, par quelques images bien habillées...

Mia, prénom de ma chatte tant que son cri

L’année, cette écroulée
Ne me laisse qu’un rêve
Voir animal s’agiter
Reins pleins de sève
Petits seins remplissent deux tasses à thé
Comme oiseaux frémissent
En leurs nids hôteliers
D’une bouche complice
M’empresser de téter ?
Avec grande malice
Vous faire exploser
C’est encor’ seins de « bébé »
J’aime les engloutir
Moi, l’homme un peu fané
Alors que pour grandir vous devriez vous nourrir
Aussi téter toute chose au bout un peu dur qui crache ainsi du lait
Porcelainier sur votre corps modèle fit ce vêtement
Mort fou, désir inassouvi
Trique hémorragique le mena au firmament
De n’avoir pu mettre blasphème en votre fruit d’amant
D’une langue asymétrique
Lécher sans conteste, miel
De la forêt biblique
Pour de la façon opposée
De mener aussi au ciel
Mais non vous reposer
Donner petits coups vifs
Comme rat fouine l’ultime substrat
De langue-flèche, petit canif
A l’endroit du corps qui écrasa
Plus encore mon spasmodique
C’est feuille de rose au chocolat
Qui m’y emmène comme lubrique
Sa bouche, salive argentée
Est un écrin pour mon rubis
Pour sa gorge toujours tentée
D’avaler mon vin de nuit
Tremblante comme un oiseau
Ma Mia miaule de ses endroits
Pire que mouflet au berceau
Plutôt chatte aimant la loi
Quand elle sue d’équitation des corps
Toutes ses salaisons
J’aime les nettoyer de ma langue encor’
Pour qu’elle soit propre comme un chaton
De chaque doigt de pied
Je lèche les tournants
Devant elle agenouillé
Tout en les suçant
De sa boîte à pralines
De cacao fumant
Je mets en bouche, dernières lignes
Ne rien perdre en bien l’aimant
De sa ruche à miel où ne bourdonnent encor’ vils asticots
De vieilles putains rances
Je récolte la force, les jus ainsi que bons sanglots
D’une vierge qui se fait pourfendre
Son visage, doux comme un ange
Se demande où est le Diable
Son rire, ses yeux, trahissent désirs, pervers mélanges
Disent : « Vite mange-moi le râble »

(Ma chère, j’ouvre ici une parenthèse pour oser vous raconter
ce qu’au-delà du râble, bien contrarié, j’ai pu lire dans ces yeux-là...)

Voici ce que ma petite « Miaula » me dit quand elle me regarde :

« Cours derrière
Attrape-moi si tu peux
Sans tomber dans les pièges
Que j’aime tendre aux vieux
Qui courra me méritera
Ainsi aura droit partout
De me fêter Niagara
Si devant moi il est à genoux
Le bébé t’a bien allumé
Te voilà rongé d’inceste
Tu aimerais me faire crier, me forniquer
Mon petit citron salé qu’a le goût du zeste
Cours derrière
Attrape-moi si tu peux
Sans tomber dans les pièges
Que j’aime tendre aux vieux... »

Fin de citation.

Qu’oserai-je vous dire de plus, ma Chère ?
Prenons rendez-vous fin de l’année. Vous pourrez ainsi me branler pendant qu’en rêvant comme un boulanger, je mangerai un croissant accompagné d’un peu de thé. Rappelez-vous comme, moi-même, je vous avais léchée pour aussi vous soulager d’une mésaventure presque en tous points semblables, avec le plus beau des fils de votre meilleure amie. Celui que vous n’aviez pu alors à votre guise, sucer ! Sa mère, vous ayant surpris tous deux, vous avais sermonnée. Souvenez-vous qu’elle vous avait dit : « Je vais vous attacher pour qu’ainsi vous puissiez regarder sans vous soulager. Mon fils n’a pas besoin de votre bouche pour être honoré; sachez que depuis qu’il est né et, tous les jours, c’est moi qui l’éduque, qui déguste sa liqueur de preux chevalier; ainsi, souffrez pendant que moi, toute l’année, je bois les joies de l’été. »

Votre complice et dévoué.