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Je suis à la recherche d'éditeurs pour ces recueils terminés.


Recueils terminés :

•  Bleuet de mots - Hommage à Jacques Izoard par Patrick Fraselle

•  Ma langue dans ta bouche - recueil érotique par Patrick Fraselle
photos de Richard Robberechts

•  La fourmi, poésie végétale par Patrick Fraselle
(Extraits plus bas)

•  Le beurre - recueil érotique par Patrick Fraselle
(Extrait plus bas)

•  Le marbre par Patrick Fraselle
(Extraits plus bas)

•  Mer, absence et pierre par Patrick Fraselle
(préface de Jacques Izoard
et lecture de Luc Louwette,
licencié en philologie romane,
réaction d'une lectrice
)
(Extraits plus bas)

•  Traire la langue et boire par Patrick Fraselle


Extraits du manuscrit terminé :
Bleuet de mots - Hommage à Jacques Izoard par Patrick Fraselle


La rumeur
distillat
du zoo humain
alambic
du blabla
récolte les éthers
les alcools bleus
l'arôme du mensonge


Sacripant de vision
Éboulis de l'artiste
Comble l'illusion
d'un iceberg
d'un exquis mot
La fleur de glace
la graisse de phoque
débâillonnent
l'océan
Bleuet se terre
entre deux rides
Myrtille se cueille
en peigne
Pour Bresse ou pour l'Auvergne
je cherche un chemin
Royauté se targue
d'hémorragie
Et je n'y vois que du bleu

 

Extraits du manuscrit terminé :
La fourmi, poésie végétale
par Patrick Fraselle

Ce matin, l'heure de six heures
a tapé son épeautre
Dans mes armoires,
je n'ai plus de miel suffisant,
et je me suis préparé une tartine
de confiture de miellées
de petites fourmis noires
qui ont gardé pour toujours,
mémoire de leurs pattes,
l'odeur de la sensualité de la terre
Comme ça ---pour le déjeun---
je mange l'amour de la vie,
et elles me crient leur offrande


Des chevaux de lin
Des cheveux de lait
Des seins de terre
Des yeux de sel
Des mains de verre
Une gorge liliale
Un pull rayé
Un oreiller
Un ventre de femme
Un poème achevé
Des chevaux de lait
Des cheveux de lin
Des seins de sel
Des yeux de terre
Des mains de fer
Une bouche de verre
Un pull lilial
Une gorge rayée
Un poème de femme
Un ventre achevé


Petit visage aimable
Parsemé de petits grains cendrés
Aux dents d'ivoire inerte
Fameuse fille
A la peau de zeste
Jaune et douce comme un fruit triste
Et fou dans la noirceur de soir
De l'espoir décomposé
Charmeresse ogresse tigresse
De la forêt généreuse
Aux cheveux barbares
Au rire qui éclate

Extraits du manuscrit terminé :
Le beurre - recueil érotique par Patrick Fraselle

Tes pieds sentent
le fromage de montagne
Celui de l'artisan
qui chaque jour,
trait le lait des fleurs,
des oiseaux, du sommeil
pour le soûler dans sa paume
en faire des boules de toi
Tes pieds sentent la vie
Tes pieds sentent la joie
Tes pieds effleurent mes lèvres
et, demandent de lécher le bonheur

 

Extraits du manuscrit terminé :
Le marbre par Patrick Fraselle

(...)

Je me carre dans mon lit
les draps blancs
font des plis pointus
de marbre froid
C'est du marbre

Je me carre dans mon lit
les draps blancs
font des plis pointus
de marbre froid
C'est du marbre
qui sent le marbre

Je me carre dans mon lit
les draps blancs
font des plis pointus et ronds
de marbre froid
C'est du marbre
qui sent la solitude

Je me carre dans mon lit
les draps blancs
font des plis pointus et ronds
et voluminés,
de marbre froid
et rudes pour mon dos
C'est du marbre
qui sent la solitude
de carrière

Je me carre dans mon lit,
les draps blancs
font des plis pointus et ronds
et voluminés
de marbre froid
et rudes pour mon dos
C'est du marbre d'Italie
qui sent la solitude
de carrière

C'est une carrière de vivre

(...)

Extraits du manuscrit terminé :
Mer, absence et pierre par Patrick Fraselle (préface de Jacques Izoard et lecture de Luc Louwette)

Caisse à oranges
Rangée à cassures
Suri de géniture
Niger de rupture


Hiboux frimant la lune blasée
Grisou bouée pauvre cul menteur
Maman boueuse rimant la mule
Mulâtre marine musant l'horreur


Plexiglas
Glace pilée
Paillis de limace
Gâti de malice
Mélasse de grimace
Glacis de paillasse

 

Cloporte de jardin noir
Noir sein de porte close
Crotale de mare indienne
Saignoir de port marin

 

Garçon bleui fumant le froid
Ballon guéri mimant l'effroi
Façon bidon d'aimer le fruit
Ma mie rigide aimée sans bruit

 

Citron vert
Lime à noir
Citron mère
Laminoir
Citron amère
L'amie noire

 

 

LECTURE DE « MER, ABSENCE ET PIERRE
ou
Jeux et mots d'oiseaux cassés

par Luc Louwette licencié en philologie romane

Liège, bien sûr. Entrée d'un café. Je vois qu'il est assis sur un petit tabouret. Il consomme de l'orge pétillante. Son tic ? Il martèle en rythme la table du bout de ses phalanges. Ca y est, il me laisse lire Mer, Absence et Pierre. Anxieux, il attend, il respire, il espère. Je dois être sincère. Ah, si le poète pouvait nager dans l'esprit de celui qui le chante intérieurement ! Il lui faut alors trouver un langage souple, qui s'enroule aux colonnes de la pensée, qui coule tel la lymphatique Meuse dans les méandres de notre matière grise. Le poète devient tyran, et je me souviens du bouc émissaire, du Christ (33 ans) qui, représenté dans la souffrance, a tourmenté le jeune Sören Kierkegaard. Son visage douloureux forçait l'âme du futur philosophe danois. Ce dernier se défendra par le sarcasme. Ainsi, le poète nous tourmente mais son ricanement nous incite à retourner les fers. Le poète est arrivé à confondre sa douleur avec la nôtre et vice versa, en versant peut-être dans le vice. Je me prends au jeu ? Passons au texte proprement dit. Je ne citerai aucun passage. Tous conviennent. Ce serait redoubler un texte unique, craché ni plus ni moins.

Avant tout de formation musicale, Patrick Fraselle travaille sur des séries et des sonorités. Je m'explique. Les quelques phonèmes que nous a légués notre langue jusqu'ici, et combinables à merci, transforment la seule unité sémantique qui aurait dû être signalée, en une espèce d'organe arraché au corps du poète, tout chaud et remuant. Le voila qui vit de façon autonome sur le papier, dans cette boîte magique, ce seul et véritable instrument de liberté qu'est le livre. Sur le clavier du piano - Patrick est pianiste - des touches sont alignées : blanches, noires, bientôt touchées par les doigts eux-mêmes liés par des cordes de chair pour faire deux fois une main. Des cordes - cette fois métalliques - hypertendues plus les marteaux, des notes sur la partition - séries vaguement horizontales - tout cela se série, se lit, se dénombre, s'énonce et se déchiffre. La musique qui procède de ces opérations offre une chose unique et multiple à la fois, qui prend corps, qui a du corps tant physique que cinétique. Le mouvement ou plutôt la mouvance interne... Peu importe dès lors que le mot essentiel, celui qui résume tout, soit prononcé directement. Il pourrait en effet exister des pages uniquement signées, comme il pourrait y avoir de longues dissertations encerclant et/ou étouffant le verbe. - Au commencement était la Poésie, et c'est ce qu'affirmait déjà William Blake -. Celle-ci n'est peut-être que vagissement du nouveau-né, gargouillement de l'éclopé, vague identité du créateur-créature assimilés, à moins que ce ne soit le barrissement de la mer ou le bruit sourd du soleil.

Ici, le mot est spirale, un ressort qui vibre comme la respiration. L'inspiration, quant à elle, elle est insufflée au lecteur, qui par le biais de la contrepèterie ou de tout autres figures phono-syntaxiques, assiste à la brisure des carcans du terme sérié, uniformisé dans le dictionnaire. Les jeux rhétoriques de Patrick Fraselle provoquent la naissance d'avortons, de mutants. Il ne s'agit plus d'ordre ou de désordre, d'ordre dans le désordre, mais bien de vie nouvellement et soudainement là, autonome. Cela dérange

Pour en arriver à ce stade, il n'est pas nécessaire de trouver un nouveau vocabulaire, le dissolvant ou plutôt un produit « malacomorphisant » qui traiterait notre langue, exorciserait les impasses dans lesquelles se sont fourvoyés et parfois ont péri certains lettristes. Le jeu de mot ou la « fiente de l'esprit », qui pour moi n'a rien de péjoratif si elle n'est cet excrément de pigeon recouvrant les monuments par mépris simpliste des institutions, mais bien ce guano des oiseaux marins, qui à l'instar des animalcules grouillant dans les bouillons de culture ou la Grand-Mer-Baratte-de-lait-des-Hindous, nous laissent tantôt de belles concrétions, tantôt un nectar fermenté. Tout cela fertilise la mer et la pierre même si Patrick Fraselle clame la viduité et la rage qui en résultent. L'absence par l'écriture se mue en absolu voire en absolution de tout péché d'abandon gratuit. Le texte peut paraître gratuit mais il n'est pas inutile. Payer de sa personne pour offrir quelque chose à peu de prix est encore une fois dérangeant. De l'encre, du papier, quelques syllabes... Le tour est joué. Le lecteur peut être écouré de ces jeux de mots. Je l'ai vu se détourner. Les blasés haussent les épaules. Pas pour nous ! disent-ils. Ils ont quand même lu. Le coup, même faible est donné. D'autres s'amusent de ces mutations par pure intellectualité. La drogue a quand même agi sur leurs sens. D'autres encore se sont laissé engluer dans ce sperme noir et pétrifiant. A Dieu va ! Mieux vaut encaisser les coups, écouter et voir le poète violé-violent, qui se sent aussi petit qu'un crachat d'écume d'une mer indolore, sourde, aveugle. Contemplons ces yeux d'absinthe !

Il faut un maudit dans chaque décennie pour soulager nos peines mais le voilà qui se moque de nous, tel Protée, il change d'apparence, illusionne de par ses transformations rapides et successives. Patrick Fraselle a cessé de pianoter le bois de la table, il laisse reposer ses mains, comme le livre repose maintenant sur la table, il repose son verre vide un peu blanc de mousse et, se frottant le menton laisse échapper un bref éclat de rire. Sa douleur nous a bel et bien joués et c'est nous qui avons pris un instant la défroque du paria dans cet univers clean et clownesque. Vampirisés, à notre tour vampires, gorgés d'un sang lourd, il ne nous reste qu'à le vomir ou le garder et devenir plus forts. L'esprit humain résiste à toutes ces épreuves qui lui sont pourtant indispensables. Nous sommes tous un peu des oiseaux cassés. Mais le silence et la joie nous environnent, il nous faut maintenant y puiser jusqu'à ce damner dans un nouveau recueil de Patrick Fraselle.




Réaction d'une lectrice...